| Une approche psychologique et culturelle de la photographie de nu |
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| Dès l'invention de la photographie, le monde artistique a été choqué par son réalisme et sa relative simplicité. Les premières photographies de nus et la technique stéréoscopique (vers 1850) vont satisfaire à un certain voyeurisme bourgeois (en raison du prix élevé des oeuvres). Il faudra un certain temps pour que la photographie de nu s'affiche comme un mode d'expression artistique à part entière. L'image photographique d'un nu devait d'abord satisfaire à plusieurs critères artistiques pour être "publiable" (rendue publique). C'est le nu académique, posé. Les pictorialistes de l'époque utiliseront différentes techniques pour rapprocher le nu de la peinture : effet de grain, voile et ambiances embrumées. Si l'image ne correspondait pas à cet idéal pictural elle n'était qu'une provocation érotique, suggérée par la simple représentation du corps dénudé. La photographie de nu a donc évolué selon l'environnement culturel et social voire religieux. Certains photographes marqueront leur époque, citons : Man RAY, Willy RONIS, Edouard BOUBAT, photographes de nus occasionnels et intimistes et Jean-Loup SIEFF ou Helmut NEWTON, deux spécialistes aux styles différents... L'image de nu a toujours soulevé le problème de l'ambiguïté du sujet, avec la limite décente entre érotisme et pornographie. Le fort pouvoir évocateur d'une photo de nu pose sans cesse la question de la censure, légale ou morale. De nos jours et pour simplifier, on peut dire qu'une image pornographique est caractérisée par l'absence de toute recherche esthétique avec une représentation obscène - donc brutale- du corps sexué. Alain FLEISHER précise, dans La pornographie, une idée fixe de la photographie- l'attrape corps : "Plus il a d'art et moins il y a de pornographie". Mais entre pornographie et provocation il existe encore une nuance qui touche différemment le spectacteur selon sa propre sensibilité. Il suffit de regarder certaines oeuvres d'Elmut NEWTON ou de DAHMANE pour s'en convaincre. D'autre photographes repoussent encore un peu plus les limites entre l'érotisme et la pornographie, les oeuvres de Tony WARD, de Christophe MOURTHE ou celles d'ARAKI peuvent illustrer ce propos. Mais l'érotisme n'est pas né avec la photographie, il s'inspire d'images mythologiques ou antiques : Vénus sortant du bain, par exemple. Si la photographie de nu s'interresse à montrer la beauté du corps, c'est le corps féminin qui a lontemps incarné à lui seul cette beauté évocatrice. Quoi qu'il en soit, on peut évoquer la psychologie de la photo de nu qui, plus encore que pour le portrait, reste un art difficile à maîtriser dans sa délicatesse, dans sa diversité et dans sa symbolique. |
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